25/10/2011

L'étoile magique

couverture définitive JPEG.pngTitre : L'étoile magique

Auteur : Philippe Desterbecq

Année de sortie : 2011

 Philippe Desterbecq est instituteur en 5ème primaire depuis plus de 25 ans. C’est dire s’il connaît les enfants de cet âge. Amoureux des mots, il offre ici aux enfants de 8-12 ans un conte qui les fera rire et qui finira, sans doute, par les émouvoir. Montois d’adoption, il professe à l’école des Ursulines de Mons depuis 1985.

 

Philippe Desterbecq a déjà publié un recueil de nouvelles « Textes et nouvelles de moi » aux éditions Elzévir.

 

Pierre, 10 ans, est passionné d’astronomie. Pour son anniversaire, son père lui offre le cadeau qu’il attend depuis toujours : des lunettes astronomiques.

Aussitôt, il se met à observer le ciel. Tout à coup, il aperçoit une étoile filante. Ce phénomène permet de réaliser un vœu, paraît-il, mais Pierrot (c’est par ce diminutif que tout le monde l’appelle) n’y croit pas. Peut-être a-t-il tort…

En observant bien le ciel, il y découvre une étoile qu’il ne connaît pas, lui pour qui la galaxie n’a aucun secret. Il trouve cette étoile bien étrange avec ses sept branches.

Il ne le sait pas encore mais ses observations vont le conduire dans une aventure dont il éprouvera bien des difficultés à sortir…
Aventure hilarante, parfois, qui se termine sur une note d’émotion quand Pierrot devra sacrifier son rêve pour aider une petite fille malade.

Extraits

Lulu, qui se levait toujours dès la première sonnerie, accourut dans la chambre de son frère.

-Lève-toi, il est l’heure pour …

Mais il s’interrompit aussitôt et fit demi-tour.

-Où es-tu ? cria-t-il. Maman ? Tu n’as pas vu Pierrot ?

-Je suis ici idiot ! répondit l’aîné.

Lulu ouvrit à nouveau la porte de la chambre. Son œil scruta les quatre coins de la pièce mais il ne vit rien.

-Où te caches-tu ? lança le petit.

-Mais je suis ici, juste devant toi ! Tu es aveugle ou quoi ?

Pierrot comprit alors immédiatement la situation. Il courut vers son miroir mais son image ne s’y refléta pas.

-Lulu ?

-Maman, j’ai peur ! hurla le petit.

-Que se passe-t-il encore ? cria maman de la cuisine. Dépêchez-vous ou vous serez à nouveau en retard.

-Ne bouge pas, dit Pierrot à son frère et surtout, ne dis rien. Je suis là. Avance ta main et touche-moi. Tu me sens ?

Lulu hocha la tête sans ouvrir la bouche.

-Je suis invisible, continua l’aîné. Tu ne peux pas me voir mais je suis bien là et tu peux m’entendre. C’est l’étoile, tu comprends ? Je lui ai demandé … Allons, ne pleure pas ! J’ai besoin de ton aide. Tu vas dire à maman que nous n’avons pas faim, qu’il est tard et que nous partons tout de suite. Dis-lui que je suis déjà sur le chemin et que je t’attends. Ne lui dis surtout rien d’autre. O.K. ?

Lulu hocha à nouveau la tête sans mot dire. Il n’était toujours pas rassuré.

Pierrot ne prit même pas la peine d’ôter son pyjama et descendit l’escalier en prenant bien garde de ne pas faire grincer les marches. Il attendit son frère sur le chemin.

Pierrot et son frère arrivèrent à l’école dix minutes après huit heures.

-Eh, les copains, vous êtes là ? cria Pierrot.

-Ah ! Enfin ! répondit la voix de Jojo. Nous sommes tous là sauf Luc. Il a dû lui arriver quelque chose

-Je suis là, répondit celui-ci mais il faut absolument qu’on redevienne visibles.

-Tu es fou, intervint le petit Michel. On n’a pas encore commencé à s’amuser !

-Moi si, dit Charles le gros. Je me suis réveillé très tôt ce matin, il faisait encore noir. Je me suis levé pour aller aux toilettes et, stupeur, je n’avais plus de corps ! Enfin, je n’avais plus de reflet dans la glace. Je me suis alors recouvert d’un drap blanc et j’ai réveillé mes frères et sœurs. C’était la première fois qu’ils voyaient un fantôme. Ils ont eu la trouille de leur vie ! Ce que je me suis marré ! Je vous jure que je me suis bien vengé de toutes ces années où ils se sont moqués de moi et de mon embonpoint !

-Moi, c’est pas si drôle, l’interrompit Luc. Ma mère, ne me voyant pas dans mon lit ce matin, a averti la police. Ils ont lancé un avis de recherche.

-Mes parents croient à une fugue, dit Fred. Ils ont dit qu’ils avertiraient la police si je n’étais pas rentré ce soir.

-Les miens se disputaient tellement fort qu’ils n’ont rien remarqué, dit Charles le mince.

-Ecoutez les gars, on sonne, coupa Jojo. Il paraît qu’on a un nouveau prof. Allons lui faire sa fête !

Les enfants s’installèrent à leur place.

-Mes enfants, je m’appelle Monsieur Cournebuche, dit l’instituteur étirant légèrement les lèvres du côté droit ; je suis le remplaçant de Monsieur Ansiau.

-Monsieur Tournebouche ? lança Marco qui se trouvait à l’extrême droite de la classe.

Des rires commencèrent à fuser.

-Silence ! tonna le nouvel enseignant. Je vous prie de lever le doigt pour demander la parole. Et je rectifie, je m’appelle Monsieur Cour-ne-buche, articula-t-il. Qui a parlé ?

Tous les regards se tournèrent vers le côté droit du local mais personne n’était assis de ce côté-là.

-Monsieur Tournebouche ? lança Fred assis à l’extrême gauche de la classe.

Les regards se tournèrent de ce côté. Mais là encore, ils ne rencontrèrent que le vide.

-Qui a parlé ? demanda l’instituteur rouge de colère.

-Aïe ! cria Géraldine, la fille assise au premier banc.

-Que se passe-t-il mademoiselle ?

-On m’a pincée, monsieur !

-Petite sotte ! Comment pouvez-vous donc dire une chose pareille ? Il n’y a personne à côté de vous. Si c’est pour distraire vos camarades, je vous préviens que …

Il ne put terminer sa phrase. Une craie venait d’atterrir sur son bureau.

-Qui a lancé ce projectile ? demanda-t-il.

-Cette craie a bougé toute seule, monsieur, dit Géraldine. Je l’ai vue se déplacer. Elle était dans la rainure du tableau. Tout à coup, elle s’est soulevée et … Regardez !

Géraldine montrait du doigt le frotteur qui se soulevait lentement.

Monsieur Cournebuche se retourna et vit le frotteur tomber sur le sol.

-Ce frotteur était mal placé, c’est tout ! dit l’enseignant intrigué.

-Mais je vous assure qu’il s’est soulevé ! répondit Géraldine.

-Je l’ai vu aussi, dit Julien, le frère jumeau de Géraldine. Nous sommes dans une école hantée. Vous ne le saviez pas ?

-Taisez-vous, je ne crois pas aux …

A ce moment, toutes les lampes s’allumèrent et s’éteignirent d’un coup.

-C’est un faux contact, assura Monsieur Counebuche. N’ayez aucune crainte !

Il fut interrompu par un cri. C’était Lucie, la première de classe, la plus sage et la plus attentive, qui se débattait avec un agresseur invisible. Celui-ci lui défaisait son chignon si bien placé sur sa tête.

-Mais que faites-vous mademoiselle ? demanda l’instituteur.

-Mais je vous assure, monsieur, que …

Et elle tomba dans les pommes. Monsieur Cournebuche se précipita pour la relever mais, au moment où il fit le premier pas, un pied invisible le fit trébucher et il s’étala de tout son long. Les rires retentirent dans toute la classe.

L’instituteur se releva et se planta devant le tableau. Tout rentra dans l’ordre. Monsieur Cournebuche commença sa leçon. Il prit une craie, écrivit au tableau mais, au fur et à mesure qu’il copiait, ses écrits s’effaçaient. Il n’avait pas le temps d’écrire une ligne complète que celle-ci disparaissait mystérieusement.

Le pauvre homme ne se laissa pas démonter. Il était décidé à percer le mystère.

-Prenez votre cahier de dictées et copiez : « L’automne. L’automne est ma saison préférée, … ».

A ce moment, la porte extérieure s’ouvrit toute grande ; un vent froid s’engouffra dans la classe, amenant avec lui une grande quantité de feuilles mortes qui recouvrirent quelques bancs.

-C’est l’automne qui entre, cria une voix venant de la cour.

L’instituteur se précipita dehors mais il ne vit pas une âme. La porte claqua dans un grand fracas et des forces invisibles la maintenaient fermée. Il avait beau pousser de toutes ses forces, elle ne cédait pas. Tout à coup, il entendit une voix qui disait : « Lâchez tout ! ». La porte s’ouvrit d’un coup et Monsieur Cournebuche se retrouva le visage contre terre…

 

 

 

 

 

 

 

08:00 Écrit par Céline pour CDL | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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