19/09/2008

Amour, puissance, haine


Titre : Amour, puissance, haine

Auteur : J-J Manicourt

Date de sortie : avril 2008


Je suis né en 1957. J'ai donc connu la télévision en noir et blanc et les émissions que diffusait une seule chaîne. Raison pour laquelle, sans doute, mes parents lisaient ; que mes parents fussent lecteurs n’est pas étranger au fait que très vite, moi aussi, je me suis mis à lire et à m'intéresser à cette drôle de convention humaine : l'alphabet. Aujourd'hui, je m'intéresse à un autre alphabet, plus ancien que celui nous venant du Grec : l'alphabet des hiéroglyphes. J'essaie péniblement de traduire des textes millénaires dont la sagesse m'inspire.

Je suis également, pour des revues de psychanalyse, l 'auteur de quelques articles qui tentent de rendre compte de ma pratique de clinicien auprès d’enfants en souffrance avec le réel.

EXTRAIT "Amours puissance haine"

Anouk me signifiait clairement qu’elle n’avait aucune considération pour tout ce qui pouvait me rappeler l’homme avec lequel son ami n’avait aucune chance de rivaliser. En cela elle était une amie de Hugues, fidèle, et stupide. Je m’apprêtais à lui répondre quand mon regard croisa le moucharabieh qui sépare la bibliothèque de la logette en aplomb de la façade, et je fus prise d’un fou rire en me remémorant ce que Lui, qui lisait derrière le grillage en bois, avait surpris dans ce qui n’était encore qu’une chambre d’ami. Ce jour-là Anouk y était entrée et s’y était caressée en chantant les louanges d’un homme idéal auquel elle prêtait une main (experte ! s’était esclaffé Lui) en charge d’un plaisir que de petits Ah ! Aaah ! aigus et risibles avaient ponctué.

Anouk chercha, bien entendu, à connaître la raison de mon fou rire qui faisait écho à celui que Lui avait dû retenir. Elle pensa que j’humiliais davantage Hugues en riant de la sorte, ce qui n’était pas tout à fait exempt d’à-propos, car, faut-il l’écrire, Lui et moi avions supposé que l’homme idéal auquel elle avait fait appel dans la scène d’onanisme devait être Hugues.

- Je ne comprendrais jamais pourquoi Hugues t’a épousée. Tu n’es qu’une petite sotte.

Comme je tardais à reprendre mes esprits, elle tourna les talons, et quitta la bibliothèque en claquant la porte. Je profitais de ce répit pour m’installer dans la loggia et poursuivre la lecture du roman de Stendhal sous la fenêtre gisante qui filtrait une lumière automnale aussi déprimante que la visite d’Anouk

 

10:26 Écrit par Céline pour CDL | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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