22/08/2008

Les romanichels


Romanichels-frontTitre : Les romanichels

Auteur : Edmée de Xhavée

Le site de l'auteur :http://edmee.de.xhavee.over-blog.com


L'auteur :

Edmée De Xhavée est née à Verviers en 1948. Le fait d’être née aussi banalement à Verviers lui sembla un mauvais coup du sort : oncles, tantes, grands-parents du côté paternel avaient vu et sillonné « le vaste monde », puisque cette ville lainière les y envoyait acheter la laine. Le grenier était rempli de mannes à ploquettes (les échantillons de laine dans un cylindre de papier épais) et de malles couvertes d’étiquettes évoquant de lointains voyages en mer et des séjours dans des hôtels aux noms parfumés. Des albums de photos révélaient des après-midi sur des ponts de bateaux, des patios fleuris où des servantes au visage d’aztèque apportaient le thé de cinq heures sur un plateau, où la bien vieille tante Marguerite chevauchait, petite fille, un mouton de bois. Des histoires aventureuses et de grandes amours y sommeillaient, ne demandant qu’à naître sous une plume libératrice.

La plume essaya bien de se faire entendre, écrivant d’une traite des rédactions en classe – dont une lui valu un prix interscolaire – et puis relatant inlassablement, par de longues lettres à sa mère et amies, les émotions d’Edmée qui ne se décida jamais tout à fait entre la Belgique et d’autres lieux, alternant avec la Provence, puis avec l’Italie après un retour de quelques années, et enfin le New Jersey où elle se trouve. Elle y habite à l’orée d’un bois peuplé d’animaux paisibles et gourmands, avec son mari, cinq chats et un chien. Et c’est là qu’enfin elle a commencé libérer les acteurs imaginaires de vies pas toujours imaginées.


Le livre :

Olivia n’a pas été élevée par sa mère, Suzanne, mais par la mère de cette dernière, la splendide Adrienne. Lorsque Suzanne lui téléphone à Turin, où elle vit avec son mari et se prépare aux vacances, une insistance inhabituelle lui fait accepter de venir passer une semaine avec cette mère aimée mais méconnue.

Jour après jour, les questions qu’Olivia n’osait se poser se présentent, avec des réponses surprenantes. Une succession de personnages, de paysages, de joies intenses et chagrins sans nom défile, et l’amour qui a entouré Olivia à son insu se révèle, éclairant un passé qu’elle ne comprenait pas, illuminant son avenir.


Extrait :

Et c’est au baptême de Suzanne, la fille de Max et Adrienne, que Mado rencontra enfin le jeune homme qui allait l’enlever à l’ennui et lui offrir la vie délicieuse que les romans de Delly lui promettaient. C’était une récente connaissance de Max, un jeune journaliste qui écrivait aussi des pièces de théâtre. Il venait d’une famille modeste qui avait fui la Pologne pendant la guerre. Son père travaillait dans une des usines textiles de Verviers. Max ne le fréquentait que parce qu’il passait pour un intellectuel, mais n’avait pas l’habitude de le recevoir à la maison. Ce jeune Oleg n’a pas nos manières, disaient les de Louvigny - petit de - et aussi bons chrétiens qu’on fut, comme il n’avait pas non plus d’argent pour atténuer cette lacune, leurs rencontres se passaient dans des endroits neutres. Cette fois cependant Adrienne avait suggéré que peut-être, pour Mado, ce ne serait pas si mal, il suffirait de les installer l’un à côté de l’autre, on ne le remarquerait pas au milieu de tout ce monde d’autant qu’il n’aimait pas se mêler aux gens de leur milieu, ils se tiendraient sans doute un peu à l’écart et il ne ferait pas attention au manque d’argent… Et en effet, Oleg tomba sous le charme timide de Mado, qu’il prit alors pour une jeune fille de la haute société, donc rompue aux badinages sociaux, et cependant modeste et gentille. Jolie et si peu consciente de l’être. Il la revit, l’invita au restaurant. Ne remarqua pas que la villa - magnifique à ses yeux, lui qui vivait dans un modeste appartement avec ses parents - n’était pas entretenue comme il le fallait. Il ne vit que les meubles anciens et pas la poussière ; les portraits d’ancêtres dans le salon et pas les tapis élimés ; les pelouses et le sentier de gravier blanc par la fenêtre et pas le chiendent et les orties ; un domestique et pas un vieillard maussade et un tantinet arrogant. La Centauresse lui sembla, vu la condition sociale qu’il lui attribuait, tout à fait simple et anti-conventionnelle.

 

10:54 Écrit par Céline pour CDL | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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