18/08/2008

Lena, une rencontre



L'auteur :

Claude Colson est né en France à l’orée des années 50, dans le Hainaut Cambrésis. Il y demeura longtemps et reste très attaché à cette région.

Il put faire des études (paralittéraires) qui le menèrent au professorat, qu’il exerce encore.

Il vit actuellement en région parisienne et est père de trois enfants.

 

Il y a une quinzaine d’années, de nombreux déplacements lui rendirent le goût de la lecture et c’est presque   naturellement qu’un jour il prit la plume pour exorciser un trop plein de vécu. Il ne l’a guère lâchée.

Ses genres de prédilection : au début, le poème en vers libres, le fragment, le texte court, le journal.

 Les thèmes favoris de ses premiers livres : l’humain, l’amour dans sa forme exacerbée qu’est la passion. Avec un souci de recherche de beauté, comme adéquation entre le fond et la forme.

 

Il a publié eu autoédition « Saisons d’une passion » (2002), bientôt réédité chez Chloé des Lys et « Léna , une rencontre » (2006), réédité par Chloé des Lys (2007).

Beaucoup de ses écrits sont également diffusés sur le net.   

 

L’auteur a rédigé un troisième livre d’autofiction, toujours en recherche d’éditeur. Il se tourne à présent vers la fiction : un roman court est actuellement soumis au jury d’un prix littéraire. En juin 2008 il travaille aux prémisses d’un futur roman.


 

Le livre :

 « La morosité de l’existence après un rupture amoureuse...Le narrateur en est là lorsque qu’une nouvelle rencontre bouleverse le cours des choses. Un an et demi durant une relation s’instaure, s’affirme, s’amplifie mais soudain le destin en décide autrement.Une analyse aiguë du cataclysme intérieur . » C. Colson

Synopsis
Une première partie très structurée, comme un constat chirurgical décortiqué à la loupe. La lectrice que je suis "écoute" le narrateur pendant que défilent les images. Rien ne se perd, tout semble fidèlement reconstruit, retranscrit, dans une méticulosité étonnante.

La deuxième partie se compose de poésies écrites à tous les stades de l’histoire d’amour ; son commencement, son épanouissement, sa fin et la faim de l’abandonné. Elles disent l’essentiel dans une justesse qui me laisse pantoise. Si peu de mots délivrent tant ! Tu portes un regard pointu extérieur/intérieur sur l’instant décrit, et tu choisis magistralement LE mot exact traduisant ce regard. Un tour de force.

La troisième partie, journal intime, déverse la sincérité du chaos de l’après. On redescend dans le coeur de l’homme, dans sa souffrance, cette quasi impossibilité de vivre sans cet amour, ses efforts à la renaissance dans une succession d’états désespérés. Le choix du "journal" n’est pas anodin, il livre l’humain sans concession ni embellissement. Un inestimable cadeau, à l’époque où tout se joue dans le paraître.

Une écriture minutieuse, soucieuse d’esthétisme et de sincérité ; l’enracinement du "style Colson" dans ce deuxième livre "Léna, une rencontre".


 

Extraits :

 I Léna, une rencontre

Un soir d’octobre, rentrant chez lui par le train, il l’entendit et dut la regarder. Il n’était pas remis d’une rupture qui s’était éternisée, dix mois plus tôt, et avait fini par le laisser déboussolé et meurtri. Les antidépresseurs lui permettaient de tenir.

Ce soir là, lisant, il prêtait une oreille distraite au babil des deux dames qui le côtoyaient dans le compartiment. Il se souvint avoir déjà vu la femme aux cheveux châtains qui lui faisait face, probablement sur le quai où chaque jour il prenait son train. Il avait alors juste remarqué une taille élancée et une certaine recherche dans l’habillement qui immédiatement l’avaient fait se sentir incapable d’intéresser une telle personne. Trop bien pour lui. Un vieux réflexe...

Un jour de juin ils purent s’évader une journée entière. Souvenir merveilleux d’un moment où tout fut juste. L’instant aussi où devant Notre Dame, à cheval sur le méridien, ils firent un vou. Celui de Jean-Yves fut plus réaliste que celui de Léna, qu’il lui fit avouer bien plus tard. : il avait déjà été meurtri par la vie ; elle croyait encore à l’amour. ...

...Un dimanche après-midi, comme il passait devant sa maison, il vit les volets fermés. Certes elle lui avait dit que le samedi son mari et elle devaient sortir, mais leur absence le lendemain était tout à fait inhabituelle. Cela suffit à nourrir chez lui un violent accès de jalousie. Pourquoi ne lui avait-elle pas dit qu’ils pourraient ne pas rentrer. Trois fois ce jour là il rôda dans son quartier. La maison restait close.

II Léna, l’amour

….

ENSEMBLE

Au retour bien sûr, heureux et purs, cédant au désir,
Enfants,
Ils firent l’amour
Emportés, le moment important,
Les voici jetés en étonnement
Car diffus d’abord, inattendu
Puis certain, bientôt souverain, voilà que sur eux se rue
L’ardeur qui tremble
Le jouir ensemble.

PRIVILEGE

Le parc est calme, presque désert
Nous, le banc, ta tête sur mon épaule
Tes jambes sur mon genou
C’est l’instant plénitude.

COMPLEMENT

Après le déchaînement - c’est drôle - aussi important
Cet autre moment : ta tête sur mon épaule

 

….

III Le journal final

… Elle me fait reprendre la plume, la compagne des jours mauvais, tout comme l’avait fait l’exaltation des jours heureux ; à nouveau ce sont les premiers. Le sort s’acharne. L’équilibre à peine retrouvé est ébranlé par un décès inattendu. Rétabli assez vite, il vise la durée et quelques semaines plus tard, patatras, plus rien. Encore plus inattendu. Rien ne va plus et à nouveau plus envie de faire mon jeu.

La souffrance encore, moins brûlante que la première fois, si ce n’est par accès. L’expérience sans doute, mais aussi le désabusement. A quoi bon construire si à chaque fois. Mais c’est la loi, tomber et repartir. Partager la tristesse avec le papier à qui l’on peut presque tout dire. Le papier est accueillant, on voudrait le remercier de son aide...

Pourquoi encore s’accabler de ses propres souvenirs ? Se durcir et aggraver les situations pour mieux supporter et presque aussitôt souffrir de s’être ainsi durci. Quelques conseils pourtant, une tentative d’aide touchante quoi qu’il en soit et puis dans tout cela - paradoxe - voir un sourire autre mais frère et bien vite la tentation de recommencer, au milieu de la douleur qui encore l’emporte...

Les débuts, les choses habituelles, faites seul. Ce point côté cour. Bon Dieu ! Recommandation d’une amie, ne pas écrire, ouvrir les yeux, tout de suite redémarrer. Pourtant là au creux de moi, l’envie de gémir, la gorge qui se noue, les yeux embués, imaginer encore la douceur.

Savoir aussi que si les choses perdurent, fatalement l’apaisement viendra ? Nouvelle source de souffrance : ne pas vouloir, ne pas vouloir, ne pas vouloir. En vain. Des mots que j’ai créés vont disparaître, remplacés...

 

 

09:48 Écrit par Céline pour CDL | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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