14/07/2008

Je ne suis personne


je ne suis personneTitre : Je ne suis personne

Auteur : Laurence L.

Date de sortie : 2008

Genre : autobiographie


L'auteur :

"J’ai vécu l’inceste avec mon père. Après une période troublée, j’ai la chance de rencontrer celui qui sera l’homme de ma vie et qui va m’aider à reprendre le goût de vivre. Puis, à la suite d’une révélation de mon frère aîné, qui a connu l’inceste comme moi dans sa petite enfance, tout s’enchaîne très vite. Je porte plainte avec une de mes sœurs car elle et son fils sont également des victimes de mon père. Mon père va en prison à 64 ans et sera condamné à y rester 8 ans. Entre temps j’ai repris mes études en psychologie et j’ai envie de m’en sortir. Ce livre m’y a aidé et je le jette maintenant, un peu comme une bouteille à la mer, comme s’il pouvait aider d’autres victimes qui ont connu la honte…Présentation de l'éditeur Mon père disait : « on choisit ses amis mais on ne choisit pas sa famille ». Ma mère, elle, disait : « on a la famille qu’on mérite ». Qui de l’un ou de l’autre a le plus raison ? Moi, je dis : « on a la famille qu’on se construit ».Je renie le fatalisme ou la résignation. Mon livre est un combat contre les miens, ceux-là même qu’on a envie de croire et de suivre. Qu’on ne demande qu’à aimer en fermant les yeux. Les miens m’ont trahie, l’inceste, la pression morale… Comment je m’en suis sortie ? Grâce à des rencontres positives et parce que la justice a rendu son verdict. Mais tout le monde n’a pas cette chance, certaines marques sont indélébiles… "


Extrait :

J’ai grandi dans une famille française moyenne : la mère au foyer, le père représentant en machine pneumatique, un frère aîné et deux sœurs. Je suis la cadette, la plus petite. Cette famille apparemment modèle, qui fonctionnait malgré les disputes fréquentes du couple, a fini par exploser à cause de la peste qu’est l’inceste. Chacun fait sa vie de son côté aujourd’hui, seul ou presque, sauf mon père qui est décédé. Il n’a plus de vie pour témoigner désormais. Il nous a laissé un héritage bien lourd à stopper. Car nous n’avons pas tous cette volonté, cette prise de conscience. C’est comme le réacteur nucléaire de Tchernobyl, avant qu’il explose, il y avait bien des signes avant coureurs ? Personne n’y a fait attention… Cette catastrophe a fait énormément de dégâts et elle risque d’en faire encore beaucoup car malgré le spectacle accablant, nous tous, nous fermons les yeux et le réacteur continue de brûler. On se sent impuissant, petit, insignifiant pour changer le cours de l’histoire de l’humanité… Et pourtant ! N’est-ce pas pierre après pierre qu’un édifice (une pyramide, un château, même Versailles…) se construit ? De quelle manque d’humilité voudrions-nous changer tout, tout de suite, nous tout seul ? Non, les grands changements se nourrissent de petites actions qui, misent bout à bout, finissent par se rejoindre et former un fleuve gigantesque qui, lui, fera le vrai changement. Je veux être un de ces petits ruisseaux qui marquera le grand changement d’une époque où les enfants seront respectés, au mieux de notre vigilance.

Pour empêcher le virus de se propager, il a fallu contourner bien des a priori, bien des conformismes et lutter contre le conservatisme. Contre tous ces gens qui pensent que c’est mieux de ne rien dire, de faire comme si de rien n’était. Tous ces gens qui fuient, qui ont peur, qui ont honte. Il a fallu se battre et continuer à vivre d’une façon à peu prés 'normale'. C'est-à-dire sans trop faire de vagues, en reprenant son destin et son courage en main et aussi faire des choix qui ne sont pas faciles. Mais lorsqu’on se représente les ramifications interminables de ce fléau qui ne se transmet pas par les gènes, j’insiste, une seule chose compte et c’est suffisant pour avoir la force d’avancer toujours et encore : c’est l’idée fixe qu’il faut arrêter l’épidémie.


14:48 Écrit par Céline pour CDL | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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